Libération de l'influence des fausses couches

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Si l'on comprend que la place d'un individu à l'intérieur de son système détermine en grande partie son bien-être et son équilibre dans la vie, on comprend également l'importance de travailler directement sur le rééquilibrage des places de chacun à l'intérieur de sa famille, comme outil de réparation important et efficace.

Dans l'article " Qu'est-ce qu'une constellation ? ", je décris le principe de l'intrication : on vit la vie d’un membre de son système familial à la place de la sienne. Un cas souvent observé en constellation familiale est l’intrication avec un enfant décédé avant soi dans sa famille, en particulier, dans sa fratrie. Ce peut être un enfant décédé à la naissance, un avortement ou - très couramment - une fausse couche.

Notre pratique des constellations permet d'observer qu’un enfant existe pleinement dans le champ informationnel (ou inconscient collectif ou " âme ") du système familial à partir du moment où il est conçu et non celui où il naît, même s’il décède à la naissance. Se contentant ainsi d’observer les faits et sans considération d'ordre moral ou religieux, le point de vue des constellations rejoint celui de ceux qui considèrent les embryons comme des personnes humaines à part entière.

Le décès d’enfants par fausse couche est souvent occulté pour plusieurs raisons :

  • Beaucoup de femmes subissent des fausses couches sans s’en rendre compte
  • Certains peuvent considérer une fausse couche comme un accident de la vie de moindre importance qu'un avortement ou un enfant mort-né
  • Si la fausse couche a été mal vécue psychologiquement ou physiquement par la mère, celle-ci peut avoir eu tendance à refouler sa douleur et à « oublier » cet enfant prématurément disparu et ne plus en parler par la suite

Une personne peut donc voir sa vie fortement influencée inconsciemment par un enfant décédé par fausse couche, même si l’existence de cette enfant disparu n’est pas connue de cette personne. La personne intriquée peut être attirée par l’enfant décédé et vouloir inconsciemment le rejoindre dans la mort.

Ce type d'intrication brise deux principes d'équilibre des systèmes humains :

  • Le principe d'appartenance, puisque l'enfant non né est exclu de la famille
  • Le principe du rang, puisque la personne intriquée n'occupe pas sa vraie place dans la fratrie et ne le sait pas forcément

Dans la vie de la personne intriquée, cela peut se manifester par les phénomènes suivants :

  • Impression de ne jamais être à sa place et difficulté à s’intégrer dans un groupe, quel que soit ce groupe
  • Difficultés à exprimer ses besoins
  • Difficulté à se réaliser socialement
  • Sensation de ne pas avoir d’importance, de ne pas être entendu, regardé
  • Maladies
  • Difficultés relationnelles
  • Utilisation des autres (mais pour se stabiliser soi-même)
  • Tendance à accorder plus d’importance aux désirs des autres qu’aux siens propres
  • Dépression
  • Tendance à fuir le changement (qui représente en fait une fuite de toute volonté de croissance)

En constellation familiale, le travail possible sera de faire « reconnaitre » l’enfant disparu et de lui redonner sa vraie place dans la fratrie puis de réaliser pour le client un protocole de dés-identification afin de lui redonner, lui aussi, sa vraie place dans cette fratrie : c’est-à-dire dans la vie et non dans la mort.

Via son représentant dans la séance de constellation, le constellateur fera ainsi dire par la personne intriquée à l’intention de l’enfant disparu des paroles telles que :

  • Maintenant, enfin, je te vois et je suis contente que tu sois là, toi, parmi tous tes frères et sœurs !
  • Je suis ta petite sœur. Je sais que tu n’as pas pu vivre mais moi, je suis vivante et tu es mon frère (ou ma sœur) ainé(e) et je sais maintenant que j’ai une grande famille !
  • Je suis attiré vers toi, mais moi, je suis encore vivante, pour un temps, le temps de mon destin. Puis, je pourrai te rejoindre. En attendant, pour toi aussi, je vais réussir ma vie et faire quelque chose de bien et de beau de ce qui me reste de cette vie. En ton honneur !
  • On peut rester en lien tous les deux sans la tristesse !
  • Tu es le véritable aîné et je sais maintenant que ma vraie place est celle de cadet (par exemple) !

On pourra faire dire au représentant de l’enfant disparu :

  • Moi aussi, je suis heureux d’avoir une grande et belle famille !
  • Tu m’honoreras si tu vis une belle vie !
  • Merci de vivre pour moi. Je t’attends. Là où je suis, j’ai tout mon temps…

Le client retrouve alors sa vraie place dans sa fratrie et on observe souvent alors qu’il retrouve également, tout simplement, sa place dans la vie.

Article rédigé par Hervé Filloux - Consultant en entreprise, coach et constellateur

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